Ethnoecology of pollination and pollinators : Knowledge and practice in three societies [Ethnoécologie de la pollinisation et des pollinisateurs : savoirs et pratiques dans trois sociétés] Article - Juin 2015

Marie Roué, Vincent Battesti, Nicolas Césard, Romain Simenel

Marie Roué, Vincent Battesti, Nicolas Césard, Romain Simenel, « Ethnoecology of pollination and pollinators : Knowledge and practice in three societies [Ethnoécologie de la pollinisation et des pollinisateurs : savoirs et pratiques dans trois sociétés]  », Revue d’ethnoécologie, juin 2015, p. 2229. ISSN 2267-2419. 〈http://ethnoecologie.revues.org/2229〉

This paper brings together three case studies on the interrelationships amongst people, pollination processes and pollinators (notably honeybees). In the palm groves of Saharan oases, the milieu and varieties of palm trees are created by horticulturalists, who fulfil themselves the role of pollinators. In southern Morocco, entire landscapes, including in particular the agroforests of argan trees, are the products of a remarkable symbiosis between bees and people. In Indonesia, honey harvesters have an exacting local knowledge of the giant honeybees and the timing and nature of blooms. They use this knowledge to attract migratory swarms and to decide the optimal moment to harvest honey so that the bees are incited to return. The authors, specialists in social system/ecosystem interactions, decided to pool their expertise so as to render more accessible their research results, which are often dispersed amongst journals specialized in different cultural areas. By focusing their analyses instead on an important biological phenomenon threatened by human action (in this case, pollination), they hope that their audience will also include biologists, policy makers and environmental managers. Given the growing diversity and complexity of threats facing biodiversity, the responses proposed by conservation biology alone are often inadequate. To understand the dynamics of anthropo-ecosystems, the outcomes of a long co-evolutionary process involving a wide range of living beings, an interdisciplinary approach is mandatory. Conservation and sustainable use cannot be achieved without an understanding of local people’s knowledge and practices, a prerequisite for establishing in partnership with them, protection measures that are both respectful and locally adapted.

Cet article réunit trois études de cas concernant les relations entre les hommes, les processus de pollinisation, et les pollinisateurs (ici les abeilles mellifères). Dans les palmeraies des oasis du Sahara, milieu et variétés sont créés par des horticulteurs qui jouent eux-mêmes le rôle du pollinisateur ; dans le sud marocain, le paysage tout entier, tout particulièrement celui des arganeraies, est le résultat d’une remarquable symbiose entre les abeilles et les hommes ; en Indonésie, les collecteurs de miel possèdent un savoir local précis de l’abeille géante et des floraisons qu’ils utilisent pour attirer les essaims migratoires et récolter le miel au meilleur moment tout en facilitant leur retour. Les auteurs, spécialistes des relations Nature/Sociétés ont souhaité, en mettant en commun leur expertise, rendre leurs résultats accessibles, car ils étaient souvent dispersés dans diverses publications spécialisées liées à une aire culturelle. En concentrant leur analyse sur un phénomène biologique important menacé par l’action de l’homme, ils entendent s’adresser aux biologistes, décideurs et gestionnaires. Face aux menaces qui pèsent sur la biodiversité, la biologie de la conservation se trouve prise au dépourvue. La compréhension des anthropoécosystèmes, dont l’état actuel est lié à un processus de coévolution entre tous les êtres vivants, impose une démarche interdisciplinaire. Leur conservation ne peut être assurée sans que l’on comprenne les pratiques et les savoirs des peuples locaux, pour pouvoir mettre en place avec eux des mesures de protection respectueuses et localement adaptées.

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