Genèse et disparition de la "Panogaudopole". L’épisode supprimé du jouet des enfants Homais (Madame Bovary, II, 14) Chapitre d’ouvrage - Janvier 2007

Stéphanie Dord-Crouslé

Stéphanie Dord-Crouslé, « Genèse et disparition de la "Panogaudopole". L’épisode supprimé du jouet des enfants Homais (Madame Bovary, II, 14)  », in Rosa Maria Palermo et Stella Mangiapane (ed.), Atti del convegno internazionale « Madame Bovary, Préludes, présences, mutations / Preludi, presenze, mutazioni » (Messina, 26-28 ottobre 2006), 2007, pp. 43-57

Résumé

Mais pourquoi m’a-t-elle fait ça ! " se lamente Pécuchet lorsqu’il s’aperçoit que Mélie lui a transmis une " maladie secrète ". Cette question poignante , expression d’un désespoir que rien ne saurait apaiser, nous nous la posons également quand nous lisons certains passages que Flaubert a supprimés dans la version définitive de Madame Bovary : " Mais pourquoi nous a-t-il fait ça ! " Pourquoi Flaubert a-t-il privé ses lecteurs de ces morceaux qui, très souvent, étaient de choix ? La recherche de la cause est vraisemblablement un leurre, bien qu’elle soit tentante. Pour ne pas (trop) céder à des dérives interprétatives que la saine critique réprouve, je me contenterai ici d’analyser la genèse, le fonctionnement dans l’économie narrative du roman et les circonstances de la disparition d’un épisode, celui de la " Panogaudopole ", c’est-à-dire l’extraordinaire jouet des enfants Homais. [...] Qu’en conclure ? Que l’épisode de la panogaudopole était exubérant ? - c’est certain. Que Flaubert goûtait particulièrement ce passage ? - on peut le présumer. Que le roman, en termes d’effet, a gagné à sa suppression ? - il faut bien se résoudre à le reconnaître. Mais en tant que " chose excellente en soi " retranchée au nom de l’intérêt supérieur de l’Œuvre, cet épisode mérite de survivre à son élimination. Fascinante perle extraite pour le bien de l’organisme sécréteur, le jouet des petits Homais, en dépit de son statut éditorial complexe, peut légitimement rejoindre, dans la mémoire et l’imaginaire des lecteurs de Madame Bovary, la série des objets flaubertiens qui - à l’instar de la pièce montée des noces d’Emma (I, 4) - font " pousser des cris ".

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