L’AUTO-EFFICACITÉ DES ÉLÈVES DU CM2 À LA CLASSE DE SECONDE Le sentiment d’efficacité personnelle dans le bassin de Doullens - Article - Décembre 2019

Lucie Mougenot, Julien Moniotte

Lucie Mougenot, Julien Moniotte, « L’AUTO-EFFICACITÉ DES ÉLÈVES DU CM2 À LA CLASSE DE SECONDE  », Education et Formations, numéro spécial La réussite des élèves : contextes familiaux, sociaux et territoriaux, décembre 2019, pp. 127-144. ISSN 1777-5558

Résumé

127 Depuis 2016, un projet régional de recherche intitulé le projet « Preuve » (Picardie réussite éducative) vise à mieux comprendre les origines des difficultés persistantes en Picardie grâce à une approche croisée. Des données d’enquête sont recueillies dans le but de mieux cerner les particularités territoriales. L’un des axes de recherche de ce projet est focalisé sur une perspective sociocognitive, qui vise à mesurer le sentiment d’efficacité personnelle des élèves [Bandura, 2003], indicateur fortement lié à la réussite scolaire. Nous présentons ici une démarche territorialisée à partir d’une enquête menée dans le bassin de Doullens situé dans la Somme, auprès de 367 élèves du CM2 à la classe de seconde. À partir d’outils méthodologiques validés par la recherche [Blanchard, lieury et alii, 2013], nous questionnons le sentiment d’efficacité des élèves au plan scolaire, social et lié à l’autorégulation pour observer son évolution au fil de la scolarité et ses éventuelles relations avec les pratiques culturelles des élèves. Les résultats les plus saillants orientent notre attention sur le passage du collège au lycée, moment qui semble délicat dans la mesure où les croyances des élèves en leur efficacité s’amenuisent largement. B ien que de nombreuses études aient permis d’interroger l’origine des difficultés scolaires qui caractérisent les élèves de Picardie, les performances scolaires, obtenues notamment aux examens, évoluent peu par rapport aux moyennes nationales. Par exemple, selon l’Insee en 2006, 60 % des jeunes de Picardie en âge de passer le baccalauréat l’ont obtenu contre 64,3 % en France métropolitaine. La Picardie se situe dans les derniers rangs des indicateurs de formation, elle est placée en 2009 au dernier rang concernant le taux d’illettrisme des jeunes de 17 ans [Renne, 2006]. De nombreuses analyses ont déjà fait part d’un cumul de difficultés qui persistent. Les causes sont multiples : l’étude de l’Insee [op. cit.] affirme que le contexte social difficile explique une part des difficultés avérées (par exemple, 30 % des picards sont ouvriers pour 23 % au plan national ; le taux de pauvreté des enfants et

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