La correspondance entre Bouilhet et Flaubert, à partir de L’Éducation sentimentale – et au-delà… Chapitre d’ouvrage - Mars 2016

Stéphanie Dord-Crouslé

Stéphanie Dord-Crouslé, « La correspondance entre Bouilhet et Flaubert, à partir de L’Éducation sentimentale – et au-delà…  », in Vanessa Guignery (ed.), Crossed Correspondences : Writers as Readers and Critics of their Peers, 2016, pp. 196-214. ISBN 978-1-4438-8699-4. 〈http://www.cambridgescholars.com/crossed-correspondences〉

Flaubert et Bouilhet ont constitué une paire d’amis avant que d’être pairs en littérature : à la limite de la gémellité, ils ont toujours écrit dans une relation spéculaire, l’échange épistolaire leur permettant de poursuivre, lorsqu’ils se trouvaient empêchés, un dialogue esthétique et critique aussi nécessaire que vital pour la création de chacun d’entre eux. En centrant le propos sur la période de conception et d’écriture de L’Éducation sentimentale, on verra que la correspondance est le lieu où se poursuit le processus maïeutique qui fait de chacun le patient et respectueux accoucheur de la pensée de l’autre. Et, en dépit de la dimension paradoxale et peut-être aventureuse de cette proposition de lecture, on se demandera si la réalisation par Flaubert de son dernier projet (Bouvard et Pécuchet) ne pourrait pas être envisagée comme la poursuite d’une communication à distance entre les deux amis, comme la mise en œuvre d’une correspondance à destinataire définitivement absent et pourtant encore efficient.

Flaubert and Bouilhet made a pair of friends before becoming peers in literature : close to being twins, they always wrote in a specular relation, the epistolary exchange allowing them, when they could not meet, to continue their aesthetic and critical dialogue that was both necessary and vital for their creation. While focusing on the time of conception and writing of L’Éducation sentimentale, we will show that the correspondence is the place where the maieutic process goes on, whereby each writer is the other’s patient and respectful midwife of the other’s thought. In spite of the paradoxical and maybe audacious dimension of this suggestion, we will wonder whether Flaubert’s completion of his last project (Bouvard et Pécuchet) could not be considered as the continuation of a remote communication between the two friends, as the implementation of a correspondence with a definitively absent and yet still efficient addressee.

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