Le dispositif des zones refuges pour le maïs Bt aux États-Unis Article - Février 2003

Denis Bourguet, Marion Desquilbet, Stéphane Lemarié

Denis Bourguet, Marion Desquilbet, Stéphane Lemarié, « Le dispositif des zones refuges pour le maïs Bt aux États-Unis  », Le Courrier de l’environnement de l’INRA, février 2003, pp. 82-88. ISSN 1778-6991

Résumé

Aux États-Unis, depuis 1996, des surfaces importantes sont cultivées avec des variétés transgéniques de coton, de pomme de terre et de maïs résistantes à des insectes ravageurs de ces cultures. La mise sur le marché de ces variétés transgéniques a été accompagnée par des réglementations pour contrôler les risques d’apparition d’insectes qui seraient eux-mêmes résistants aux plantes génétiquement modifiées. Selon ces réglementations, chaque agriculteur cultivant une variété transgénique résistante à un insecte doit utiliser une variété conventionnelle qui n’est pas résistante à cet insecte sur une partie de ses surfaces. Les surfaces plantées avec des variétés conventionnelles sont appelées « zones refuges ». Ces zones refuges visent à maintenir un réservoir d’insectes sensibles pour limiter les risques d’apparition de résistance chez les insectes cibles. Dans le cas du maïs auquel nous nous intéressons dans cet article, les variétés transgéniques actuellement commercialisées sont résistantes à la Pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis (Lépidoptère Pyralidé). Un dispositif équivalent vient d’être adopté aux États-Unis lors de la mise sur le marché de maïs transgéniques résistants à la Chrysomèle des racines du maïs, Diabrotica virgifera virgifera (Coléoptère Chrysomélidé), un autre insecte causant des dégâts importants des cultures. Le dispositif des zones refuges aux États-Unis constitue la première réglementation obligatoire et à grande échelle au niveau mondial pour gérer les risques d’apparition de résistance dans des populations d’ennemis des cultures. Il est donc intéressant de tirer les leçons de cette expérience américaine à l’heure où une levée du moratoire sur les organisme génétiquement modifiés (OGM) est d’actualité dans l’UE 3. Une diffusion effective des OGM dans l’UE serait sans doute accompagnée d’un renforcement des procédures de gestion des risques environnementaux liés à ces plantes. Ainsi, les actions de biovigilance qui sont déjà en place pourraient être renforcées. Ces actions reposent sur une surveillance à grande échelle des effets éventuels des OGM sur les écosystèmes (voir Chaufaux et al., 2002). Au-delà de la biovigilance, il est possible que des réglementations équivalentes aux zones refuges aux États-Unis soient mises en place dans l’UE. Notons enfin que l’apparition de résistances chez les ennemis des cultures n’est pas spécifique aux organismes génétiquement modifiés (OGM). La question du contrôle des résistances chez les ennemis des cultures est donc importante pour l’agriculture européenne, quelles que soient les perspectives de développement des OGM. Cet article présente d’abord les caractéristiques des maïs transgéniques résistants à la Pyrale du maïs et les perspectives concernant les maïs transgéniques résistants à la Chrysomèle des racines aux États-Unis. Il présente ensuite le dispositif des zones refuges en place dans ce pays dans le cas du maïs résistant à la Pyrale, en détaillant les raisons pour lesquelles ce dispositif a été mis en place, la définition des zones refuges, leur mise en place effective par les agriculteurs, et les procédures suivies pour détecter l’apparition de résistances dans les populations de pyrales.

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