Playful nonce-formations, creativity and productivity Chapitre d’ouvrage - 2018

Georgette Dal, Fiammetta Namer

Georgette Dal, Fiammetta Namer, « Playful nonce-formations, creativity and productivity  », in Arndt-Lappe, Sabine, Angelika Braun, Claudine Moulin & Esme Winter-Froemel (ed.), Expanding the Lexicon. Linguistic Innovation, Morphological Productivity, and Ludicity, 2018. ISBN 978-3-11-050193-3

Nonce-formations, conceived as “[n]ew complex word[s] created by a speaker/writer on the spur of the moment to cover some immediate need” (Bauer 1983 : 45), have been a theme in Anglo-Saxon and Germanic studies for several decades now (cf. among others Lipka 1975 ; Bauer 1983 ; Hohenhaus 1996 ; Crystal 2000 ; Štekauer 2002 ; Kerremans 2015), but they have received very little investigation in the French domain. Although nowadays all conditions are met for the capture of observable data with the use of large corpora, French morphologists tend to be suspicious of individual coinages, especially if they are playful and diverge from what they consider established words formation rules. In French studies, despite the emergence of corpus-based studies, context is rarely taken into consideration, and the generative distinction between competence and performance often remains active : nonce-formations are in the scope of performance, (socio-)pragmatics or stylistics ; therefore, they are not to be taken into account in morphological studies. However, nonce-formations address some interesting morphological issues : do they have to be taken into account for productivity measures ? What about the clear-cut distinction between productivity and creativity ? In the vein of Dal & Namer (2016a), this paper focuses on patterns of emergence of playful nonce-formations in French. After a brief definition of nonce-formations (§ 1.), we first identify several recurring patterns of emergence of nonce-formations (§ 2.). We then use these patterns to build a continuum among playful nonce-formations (§ 3.1.). Lastly, issues related to productivity are discussed (§ 3.2.).

Les occasionnalismes défnis comme de “[n]ew complex word[s] created by a speaker/writer on the spur of the moment to cover some immediate need” (Bauer 1983 : 45), est un thème récurrent dans les recherches anglo-saxonnes et germaniques depuis de nombreuses années (cf., entre autres, Lipka 1975 ; Bauer 1983 ; Hohenhaus 1996 ; Crystal 2000 ; Štekauer 2002 ; Kerremans 2015), mais il a jusqu’ici peu retenu l’attention des morphologues du domaine francophone. En effet, bien que toutes les conditions soient désormais réunies pour faire de ces données langagières un objet d’étude à part entière, avec, notamment le recours de plus en plus fréquent aux données issues de corpus authentiques, les morphologues du domaine francophone demeurent majoritairement réservés quant à l’intérêt des créations indivicuelles, encore plus quand elles sont ludiques et qu’elles semblent enfreindre les règles de formation de lexèmes, au motif qu’elles relèvent davantage de la performance que de la compétence, donc du champ de la (socio-)pragmatique, de la stylistique, mais non de celui de la théorie morphologique. Or, les occasionnalismes soulèvent des questions théoriques intéressantes : entre autres, convient-il de les comptabiliser (et comment) lorsqu’il s’agit de mesure la productivité des procédés ? Existe-t-il une distinction nette en productivité et créativité ? Dans la suite de Dal & Namer (2016a), la présente proposition s’intéresse aux patrons d’émergence des occasionnalismes ludiques en français. Après une rapide définition de la notion (§ 1.), nous mettons au jour quelques patrons d’émergence récurrents (§ 2.). Ces patrons sont ensuite utilisés pour établir un continuum parmi les occasionnalismes, selon leur degree de ludicité (§ 3.1.). Pour terminer, nous discutons de plusieurs questions toutes en lien avec la notion de productivité (§ 3.2.), avant de conclure.

Voir la notice complète sur HAL

Actualités