Rééduquer les « mauvaises filles ». Essai d’analyse comparée dans l’Espagne franquiste, en France et en RDA (années 1940-1950) Chapitre d’ouvrage - 2016

Amélie Nuq

Amélie Nuq, « Rééduquer les « mauvaises filles ». Essai d’analyse comparée dans l’Espagne franquiste, en France et en RDA (années 1940-1950)  », in Françoise Berger, Anne Kwaschik (eds.), La « condition féminine »Feminismus und Frauenbewegung im 19. und 20. Jahrhundert / Féminismes et mouvements de femmes aux XIXe–XXe siècles, 2016, pp. 279-290. ISBN 978-3-515-11395-3

Cette ébauche d’histoire sociale comparée aborde la question de la condition féminine par le biais de la perception de la déviance juvénile. Elle s’intéresse au destin de « mauvaises filles » envoyées en maison de redressement au cours des décennies 1940 et 1950, dans trois pays différents : l’Espagne franquiste, la France et la République démocratique allemande. Elle permet de montrer que les autorités, secondées par les familles, traitent la déviance chez les jeunes garçons et chez les jeunes filles de façon différente. L’étude des procédures et des motifs d’envoi en maison de redressement, ainsi que la description du traitement éducatif dispensé entre les murs des institutions, montre qu’au-delà de la spécificité des contextes nationaux, la perception de la déviance des mineures reste ainsi influencée par des stéréotypes fondés sur l’existence d’une prétendue nature féminine, caractérisée avant tout par la maternité et, partant, par la sexualité.

Der vorliegende Artikel fragt aus einer komparatistischen sozialgeschichtlichen Perspektive nach der Bedeutung der Kategorie „Geschlecht“ für die historische Analyse jugendlicher Devianz. Er behandelt das Schicksal der „schwer erziehbaren Mädchen“, die in den 40er-50er Jahren im Spanien Francos, in Frankreich und in der Deutschen Demokratischen Republik in Erziehungsanstalten geschickt wurden. Es wird gezeigt, dass die Behörden, mit Unterstützung der Familien, die Devianz von Jungen und Mädchen auf sehr unterschiedliche Weise behandeln. Über die verschiedenen nationalen Kontexte hinaus ist im Ergebnis der Analyse des juristischen Rahmens sowie der Erziehungsmaßnahmen zu sehen, dass die Wahrnehmung der Devianz von weiblichen Minderjährigen in den drei Ländern von vergleichbaren Stereotypen beeinflusst ist, die auf einer angeblich weiblichen Natur beruhen, die durch Mutterschaft und also Sexualität geprägt wird.

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