Rencontres formelles, prémisses de Tandem : cas de rencontres organisées entre étudiant.e.s de FLE et étudiant.e.s en didactique du FLE à l’Université [Orchestrated Groups, Beginning in Tandem : Structured Small Group Work Between FLE Students and FLE B.A. Students] Article - Mai 2017

Eve-Marie Rollinat-Levasseur, Donatienne Woerly, Deborah Aboab

Eve-Marie Rollinat-Levasseur, Donatienne Woerly, Deborah Aboab, « Rencontres formelles, prémisses de Tandem : cas de rencontres organisées entre étudiant.e.s de FLE et étudiant.e.s en didactique du FLE à l’Université [Orchestrated Groups, Beginning in Tandem : Structured Small Group Work Between FLE Students and FLE B.A. Students]  », Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité - Cahiers de l’APLIUT, mai 2017. ISSN 2119-5242

Nous analysons un dispositif pédagogique mis en place depuis 2014 à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 pour que des étudiant.e.s de licence inscrits en ue professionnelle d’initiation à l’enseignement du FLE (« Entrer dans une classe de FLE ») puissent s’initier à l’observation de classe : il s’est donc agi de les faire entrer effectivement dans des classes de FLE (celles du Diplôme Universitaire de Langue Française dispensé par l’établissement) et de permettre à ces étudiant.e.s de découvrir la spécificité d’un public d’apprenant.e.s de FLE, le tout à travers séances, conçues avec une progression. Dans un tel cadre, il n’y a pas de réelle autonomie des apprenants (le cadre est contraint, le public captif, dans la mesure des usages universitaires, et ce sont les étudiant.e.s qui préparent en cours, avec leur enseignant.e, ce qu’ils.elles feront pendant les rencontres) et il n’y a pas de réciprocité puisqu’il n’y a d’échange que dans la langue-cible, le français. Pourtant, l’asymétrie produite par ces rencontres permet aux apprenants des deux groupes de progresser chacun dans leur domaine, les étudiant.e.s de licence ayant à s’exercer à la façon de s’adresser à des apprenant.e.s ne maîtrisant pas la langue française et à les écouter -prérequis nécessaire pour entrer dans le rôle d’un.e enseignant.e de FLE, les étudiant.e.s de FLE ayant tous et toutes l’occasion de pratiquer la compréhension de l’oral et l’expression de l’oral. Nous nous appuierons sur l’analyse d’un corpus constitué à partir de la confrontation entre les attentes ou les représentations de ce que peuvent être ces rencontres avant la mise en contact et la réaction et la réflexion mises en œuvre après ces rencontres (analyse de réponses à des questionnaires, écrits « libres ») et nous montrerons comment un tel dispositif, très ponctuel, permet de créer du « désir » et de donner l’envie de poursuivre ces rencontres. Nous étudierons aussi le rôle des enseignant.e.s pour que ces rencontres imposées puissent s’intégrer efficacement dans la progression attendue de chacun des cours/diplôme.

We analyze a pedagogical tool, used since 2014 at the Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, which allows students enrolled in a B.A. in the teaching of FLE (“Starting in a FLE Classroom”) to begin observing FLE classes. To this end, we have the students sit in on two FLE class sessions (part of the Diplôme Universitaire de Langue Française) in order to see students first-hand learning French as a foreign language. The initial class is organized around introductions and first conversations and the second comprises discussions led by the B.A. students. In these sessions, the FLE learners have very little real autonomy (the situation is controlled, their participation is required, and, with the help of their instructor, the B. A. students alone plan what will take place during these group interactions) and there is no true reciprocity because the exchanges take place only in French, the target language. However, the asymmetry created by the small group work allows the students in both groups to progress : the B.A. students experience, sometimes for the first time, how to talk with and listen to students who do not communicate well in French, an essential skill for a FLE instructor. The FLE students have an excellent opportunity to practice their aural comprehension and oral expression. This practice thus does not constitute a true tandem experience, but rather allows the students to work together in groups of four to six (two or three from each program) and to reconsider their own stereotypes, what they imagine the others to be. Although the exercise was designed for the B.A. students, it is nonetheless beneficial for the FLE students. Even though they are in an immersion program, many FLE student have very little contact with native speakers ; this small group work allows them to experience the rich variety of oral French, including French spoken in the university setting, and thus gives them a deeper understanding what it means to be a French student. Our presentation includes the analysis of a comparison of the students’ expectations before the meetings and their thoughts afterwards (student responses to questionnaires and reflection papers) and we show how an exercise such as this, very occasionally deployed, can help to create the “desire” to continue these meetings. We also examine the teacher’s necessary preparations in order to assure the smooth integration of the small group work into both programs’ curriculum.

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