Anne Garréta, clinamen Colloque

Organisateurs : Alain Schaffner, Cécile De Bary (université Paris Diderot)

Programme : Différences de potentiel : histoire, poétique et esthétique de l’Oulipo (ANR DifdePo)

Le 15/11 : Campus des Grands Moulins de l’université Paris Diderot, salle Pierre Albouy ; le 16/11 : université Paris 3 Sorbonne Nouvelle salle Las Vergnas
Le 15/11 : Bâtiment des Grands Moulins, Hall C, 6e étage - 5 rue Thomas Mann, Paris 13e
Le 16/11 : Centre Censier, 3e étage - 13 rue de Santeuil, Paris 5e

Colloque international dans le cadre du séminaire « Formes, contraintes et potentialités », Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, UMR Thalim, Université Paris Diderot, EA Cerilac
Anne Garréta, qui bénéficie déjà d’une grande reconnaissance critique, autant en France qu’en Amérique du Nord, occupe une posture singulière : elle est entrée à l’Oulipo, groupe où les femmes sont très minoritaires, avec une œuvre interrogeant le genre. Ces deux aspects se rencontrent dans un travail formel original, particulièrement élaboré, dans le domaine de la prose.
Durant ces deux journées, nous l’étudierons en prenant pour point d’appui ce que les oulipiens nomment le clinamen : l’exception qui confirme la règle, ou selon une citation de Klee qu’affectionnait Perec « l’erreur dans le système ». À la fin de Pas un jour, la narratrice remarque ainsi : « Et bien entendu, infoutue tu fus de respecter les règles que tu t’étais prescrites à l’origine de ce projet. Ce n’est plus même clinamen, c’est déflexion maximale… ».
Cette propension semble généralisable à l’œuvre, au-delà de ce seul livre. Ainsi, Anne Garréta, qui s’est dite « en révolte à l’endroit des formes courantes de la fiction » (dans un entretien avec Mathieu Lindon), porte ce conflit au sein de son œuvre, en fait l’enjeu de la réception, mettant en crise la narration ou le récit, via les réécritures, les emboîtements narratifs ou la problématisation de l’instance narrative. La narration ne raconte pas exhaustivement, elle se construit à partir des genres reçus, et contre eux : roman d’amour, roman d’apprentissage ou autofiction. Le roman formaliste se fait fiction critique.

Vendredi 15 novembre 2019
Université de Paris - Campus des Grands Moulins - Salle Pierre Albouy
Bâtiment des Grands Moulins, Hall C, 6e étage - 5 rue Thomas Mann, Paris 13e

  • 10h - Ouverture du colloque par Dominique Rabaté, directeur du Cerilac (Université de Paris)
  • 10h30 - Matinée présidée par Dominique Rabaté
    Béranger Boulay (Université Paris 13) : L’Ouvroir et l’Histoire
    Annabel Kim (Université Harvard) : La forme est une arme : la machine de guerre garrétienne
  • 14h - Après-midi présidé par Éric Marty (Université de Paris)
    Audrey Lasserre (UCLouvain) : Anne Garréta et « l’écriture-femme »
    Cécile De Bary (Université de Paris) : Un jeu de mots généralisé ? « La poésie, on s’en balaie, on s’en baleine »
    Alain Schaffner (Université Paris 3 - Sorbonne nouvelle) : L’ancien et le nouveau dans Éros mélancolique

Samedi 16 novembre 2019
Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle - Salle Las Vergnas
Centre Censier, 3e étage - 13 rue de Santeuil, Paris 5e

  • 10h - Matinée présidée par Florence Lotterie (Université de Paris)
    Valérie Beaudouin (Télécom Paris Tech, Oulipo) : L’écriture et la machine chez Anne F. Garréta
    Peter Consenstein (CUNY, New York) : Anne Garréta, « grande dame »
  • 14h - Après-midi présidé par Olivier Wagner (BNF)
    Catherine Perret (Université Paris 8) : Dans l’béton : de la contrainte à la ventriloquie
    Morgane Cadieu (Université Yale) : Terrasser le déclassement
  • 16h - Rencontre avec Philippe Vasset
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