Imaginaires et représentations des bibliothèques

Responsable : Ada Ackerman-Millot

« Le paradis, à n’en pas douter, n’est qu’une immense bibliothèque » affirmait Gaston Bachelard. La bibliothèque, lieu de classification et de conservation du savoir, n’a cessé de fasciner intellectuels comme artistes qui, en constituant leur propre bibliothèque, se positionnent dans leur relation au livre, à la connaissance, à l’état de la science et de l’art de leur temps. Parce que la bibliothèque matérialise et offre une infinité de rencontres et de dialogues possibles entre un lecteur et une multitude d’auteurs, elle représente un dispositif unique, qui traverse les siècles et dont l’attrait ne faiblit guère, et ce particulièrement à l’heure du numérique, en un paradoxe qui n’est qu’apparent. La bibliothèque jouit ainsi d’une aura sans cesse renouvelée comme en témoigne le succès remporté par les célébrations organisées à l’occasion d’ouvertures ou de restaurations de bibliothèques prestigieuses.

Cette recherche envisage le lieu et le dispositif de la bibliothèque de manière transversale et interdisciplinaire (arts plastiques, cinéma, théâtre, architecture...) en examinant tout d’abord la manière dont la bibliothèque a inspiré artistes et plasticiens en tant que dispositif plastique : installation artistique, décor et motif de théâtre, thème cinématographique… Comment l’artiste s’empare-t-il de la bibliothèque, que lui fait-il dire, comment la transforme-t-il ? Que se passe-t-il lorsque la bibliothèque est mise en scène ? Quels discours tient-elle sur notre rapport au livre, à la culture ?

La relation entre art et bibliothèque passe également par une interrogation sur la dimension muséographique de la bibliothèque, dans la mesure où, aujourd’hui, elle s’expose de plus en plus : comment donc exposer une bibliothèque, ses collections, ses lieux et son organisation ? et comment l’espace de la bibliothèque peut-il rencontrer celui du musée, interagir avec celui d’une collection ? Et, si on évoque les déplacements de la bibliothèque, que se produit-il lorsque, à l’inverse, la bibliothèque accueille en son sein des manifestations (danse, théâtre, performances...), soit lorsque la bibliothèque se fait scène ?

Enfin, il s’agira aussi d’explorer la manière dont, aujourd’hui, l’étude de bibliothèques, occupe une place croissante dans les sciences humaines (histoire de l’art, histoire de la littérature…). Quelles méthodologies, quelles historiographies la prise en compte de la bibliothèque d’un artiste, d’un écrivain, d’un cinéaste, d’un historien de l’art dessine-t-elle ? Comment l’examen de ces corpus réoriente les approches ?

• Publications

Ada Ackerman, « Eisenstein, un homme de livres », Entrée sur la bibliothèque d’Eisenstein dans le cadre du site « L’Art en Europe. Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen »

Ada Ackerman, A Biblioteca infinita de Serguei Eisenstein/ The Endless library of Sergei Eisenstein, Kinoruss, São Paulo, 2019, 120 p

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