Séminaire d’axe « Relations inter-arts et hybridations artistiques »

Organisateur : Ada Ackerman-Millot

Le séminaire d’axe « Relations inter-arts et hybridations artistiques » se propose d’accueillir des interventions des membres statutaires comme associés ainsi que de doctorants de THALIM portant sur les questionnements relatifs à toutes les formes de rencontre entre les différents domaines artistiques intéressant l’UMR (arts du spectacle, cinéma, arts visuels ou sonores, littérature des XXe et XXIe siècles), à savoir :
– les phénomènes d’hybridation des pratiques et des supports (œuvres intermédiales ou multimédiales, notion d’œuvre d’art total),
– les relations entre œuvres relevant de disciplines différentes (transmédialité, adaptations, citation ou « représentation » d’une œuvre par une autre),
– les pratiques parallèles, conjointes ou dissociées de plusieurs disciplines par un même auteur, artiste ou polyartiste,
– les interférences, frictions, analogies, synchronies ou décalages historiques entre mouvements, courants ou esthétiques relevant de disciplines différentes.

Il s’agira, via le séminaire, de mener ainsi, à travers des cas spécifiques, une réflexion sur la manière dont ces dynamiques déplacent, renforcent ou estompent les frontières entre les arts concernés, intensifient, minorent ou périment la question de la spécificité du médium, redéfinissent voire dé-définissent les notions d’art, d’artiste ou d’écrivain. Chaque intervention sera l’occasion, de manière plus générale, de définir les cadres théoriques et méthodes d’analyse spécifiques à ces phénomènes, afin d’examiner les potentialités et enjeux amenés par une telle histoire interdisciplinaire et croisée des productions artistiques.

Plusieurs questionnements ou directions de recherche pourront ainsi être explorés :
– Quels facteurs anthropologiques, sociaux, culturels et techniques conditionnent les phénomènes d’hybridation et les pratiques croisées ?
– Comment le tournant numérique et les pratiques de remédiation accentuent-elles la tendance à l’inter- ou transmédialité ?
– Comment la forme livre, l’exposition, la performance, les supports numériques accueillent ou stimulent les phénomènes en question ?
– Quel rôle jouent les institutions (universités, écoles d’art, formations en écriture créative, recherche créative, centres d’art, musées) dans ces évolutions ?
– Quels sont les problèmes de réception et de légitimation rencontrés par les créateurs aspirant à une reconnaissance en dehors de la discipline leur ayant valu une première notoriété ? Comment aborder la production d’un artiste pratiquant plusieurs médiums ?
– En quoi les productions hybrides réarticulent les liens entre le visible, le lisible et l’audible ?
– Comment, dans le discours critique, s’opèrent les transferts de catégories esthétiques et de méthodes d’analyses d’un art à l’autre, voire les emprunts à des disciplines non artistiques ?

Séances du séminaire

Séance(s) passée(s)

  • Entre arts, sciences et philosophie : étudier la pensée d’Edgar Wind
  • Défis méthodologiques
  • Le théâtre au prisme des autres arts : interventions de Céline Gahungu et Béatrice Picon-Vallin

    Céline Gahungu. "Une affaire de « sensibilité » et de « technique ». Adapter et réaliser les pièces radiophoniques du Concours théâtral interafricain"

    Conjoindre la « sensibilité » et la « technique » – c’est ainsi que l’adaptatrice Monique Baile évoque l’adaptation et la réalisation de pièces radiophoniques pour le Concours théâtral interafricain, à l’occasion d’ambitieux ateliers diffusés par Radio France Internationale en octobre 1988. Pendant quatre jours, écrivains, adaptateurs, réalisateurs, comédiens et ingénieurs du son y débattent des conditions d’élaboration d’un théâtre radiophonique « interafricain » et, pour certains d’entre eux, travaillent à la mise en ondes d’une pièce de Maxime N’Debeka, Equatorium. Leurs propos, qui tantôt convergent, tantôt s’opposent, suggèrent l’importance des logiques d’hybridation dans une opération culturelle poursuivie au long cours, de 1968 à 1991. Des pièces le plus souvent inédites, telles qu’elles sont reçues par les instances du Concours théâtral interafricain, à leurs avatars radiophoniques, proposés dans les programmes des radiodiffusions africaines, des processus intermédiaux interviennent, inspirés de la musique et du cinéma.

    Les catégories utilisées par Monique Baile pour analyser ce continuum pourraient sembler convenues ; entre la sensibilité et la technique, les tensions qui se jouent se laissent aisément deviner. Mise en perspective avec les pièces radiophoniques et différentes archives, sa réflexion met pourtant au jour des dynamiques créatrices, la plupart du temps collaboratives, inscrites dans un contexte complexe. La prise en mains « technique » des pièces envoyées par les écrivains est, en quelque sorte, un surgeon inattendu de la politique de coopération culturelle franco-africaine.

    Cette communication situera les pratiques intermédiales déployées dans le cadre du Concours au croisement de deux réalités : d’une part, les impératifs liés au médium radiophonique et, d’autre part, un modèle parfois invoqué par les adaptateurs et les réalisateurs – celui d’une sympathie qui ferait de leur travail le prolongement sensible des créations auxquelles ont œuvré les écrivains.

    MCF à l’université Sorbonne Nouvelle (littératures francophones, littérature française) et membre de l’UMR Thalim, Céline Gahungu a consacré une thèse à la naissance littéraire de Sony Labou Tansi (2019, CNRS, « Planète Libre Essais »). Ses travaux actuels portent tout particulièrement sur le volet radiophonique du Concours théâtral interafricain.


    Béatrice Picon-Vallin. "Croiser les arts sur la scène : le cas particulier du cinéma (et de la vidéo ) au théâtre."

    L’hybridation ne serait-elle pas le statut ontologique de tout art ? Récemment, au Théâtre du Châtelet, Peter Sellars a mis en scène, en mobilisant vidéo, théâtre, poésie contemporaine et chant choral a capella, Fauvel, un roman du Moyen Âge qui combine lui-même texte, illustrations et musique (sous forme de partition). On s’interrogera sur les différentes modalités d’hybridations contemporaines qui touchent aujourd’hui tous les arts grâce à des technologies de plus en plus performantes ainsi qu’aux rencontres entre les cultures. On postulera que bien de ces croisements étaient déjà à l’œuvre dans les processus de "cinéfication" du théâtre pratiqués dans les années vingt du XXème siècle par Vsevolod Meyerhold à Moscou et par Les Kurbas à Kiev, sur lesquels on s’arrêtera tout particulièrement.

    Béatrice Picon-Vallin est directrice de recherche émérite, ex directrice du LARAS (Laboratoire de recherches sur les arts du spectacle, CNRS). Parmi ses derniers ouvrages parus, on peut citer Les écrans sur la scène, L’Âge d’Homme, 2009, Les Théâtres documentaires, Deuxième époque 2019, Le Théâtre du Soleil. Les cinquante premières années (2015, Actes Sud , 2017 Perspectiva, 2019 Routledge), Terres communes. Vie et mort dans la rue, Deuxième époque, 2022.

    séance en Zoom
    https://us06web.zoom.us/j/82203195909?pwd=bm5aNWlKU1lick5SaytidEg4NzMwdz09
    ID de réunion : 822 0319 5909
    Code secret : 485743

  • Des fanzines littéraires à la littérature jeunesse : quelles hybridations ? Interventions d’Ariane Mayer et de Marie Sorel
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