« Séminaire » Thalim (2021-2024)

Organisateurs : Peggy Cardon, Sarga Moussa, Alain Schaffner

Ce séminaire interne à l’unité permet de mieux connaître nos travaux respectifs et d’offrir une possibilité à nos doctorants et aux enseignants-chercheurs bénéficiant d’une délégation CNRS de faire connaître leurs recherches.

Séances du séminaire

À venir

Séance(s) passée(s)

  • Jean-Loup Bourget et Guillaume Bourgois
  • Myriam Suchet et Mathieu Letourneux
  • Anthony Mangeon et Luiz Fernando Ramos
  • Séance sur la chanson : Manuel Roux (postdoctorant, ANR MUSICOVID) et Catherine Douzou (délégation à Thalim)
  • Séance sur "littérature et politique" : Jeanyve Guérin et Quentin Morvan
  • Aude Leblond et Barbara Havercroft
  • Marie-Madeleine Mervant-Roux et Sophie Lucet
  • Margaux Vidotto et Sarga Moussa
  • Alison James et Anne-Christine Royère
  • Marie Sorel, Bénédicte Milland Bove et Catherine Ménager
  • Séance sur le thème du Rap : Garance Bressaud et Hector Jenni (doctorants à Thalim)
  • Maëline Le Lay et Tristan Leperlier
  • Benedetta De Bonis : L’"Histoire secrète" des femmes de Gengis Khan. L’Orient de Pascoli, Bauchau et Iggulden ; Frank Collin : L’Hélène noire de la Caraïbe. Mythopoétique décoloniale dans Omeros de Derek Walcott
  • Séance sur l’Exil : Camilla Cederna et Claire Demoulin

    Camilla Cederna (MCF, Université de Lille, délégation à Thalim) : « Les voix des femmes dans l’écriture d’exil d’Elisa Chimenti (Naples 1883- Tanger 1969), entre métissage et transgression »

    Écrivaine, philosophe, journaliste, pédagogue, polyglotte, d’origines italiennes, exilée à Tanger (Maroc) avec sa famille à la fin du XIXè siècle, Elisa Chimenti (Naples 1883-Tanger 1969) a dédiée toute sa vie et son œuvre au dialogue entre les cultures, les langues et les religions. Fondatrice avec sa mère de la première école italienne du Maroc à Tanger (1914), elle subit à cause de sa pensée libre et antifasciste les persécutions du gouvernement de Mussolini qui la renvoie de l’école italienne (1927). Elle va alors enseigner auprès de l’École libre musulmane fondée par son ami, l’historien et penseur nationaliste A. Guennoun, tout en développant une intense activité d’écriture.
    Femme d’un savoir immense, allant de l’histoire à la littérature, de l’anthropologie à la philosophie, très sensible à la religion musulmane dans une visée anticolonialiste, elle s’intéresse aux croyances du Maroc préislamique et maîtrise parfaitement les textes des trois religions monothéistes qui cohabitaient alors pacifiquement dans le pays.
    Le désir de faire connaître le Maroc, sa culture et ses traditions et notamment le patrimoine poétique et culturel oral élaboré dans les milieux féminins marocains est au cœur de toute son œuvre. Son objectif étant la sauvegarde et la diffusion de cet héritage dans la tentative en même temps de déconstruire les stéréotypes circulant dans la presse européenne de l’époque sur le pays et ses habitants, pays auquel elle se sent appartenir à part entière.
    Elle nous a laissé un ensemble très vaste d’ouvrages inédits, dont des romans, des contes, des essais et plusieurs recueils de poèmes dans lesquels elle analyse les aspects les plus divers de la culture marocaine et en particulier de la ville de Tanger. Ces textes, exemple unique de création et de réflexion interculturelle, constituent un corpus d’un intérêt exceptionnel du point de vue à la fois linguistique, littéraire et historique. Grâce au regard très original et anticonformiste porté par l’auteure sur les thématiques abordées, ils représentent en même temps un terrain particulièrement fécond en ce qui concerne les études de genre et postcoloniales.
    Ces ouvrages sont l’objet d’un projet de recherche et d’édition international au centre du Laboratoire Associé International, entre l’Université de Lille et La Sapienza (Rome) sur « L’écriture de l’exil au féminin ».

    À partir de quelques-uns de ces inédits nous essayerons d’aborder les questions suivantes :
    Quelle est la spécificité de l’écriture d’exil de cette écrivaine à l’identité plurielle et indéterminée ? Et quel rôle joue la question du/des genre.s ?
    Comment s’articule, dans son écriture, le rapport à l’altérité caractérisé par le métissage et la transgression ?

    Claire Demoulin (post-doctorante à Translitterae) : « Quand les émigrés rassemblés autour de Max Reinhardt enseignaient les arts vivants à Hollywood : exil et circulations artistiques entre l’Europe et les États-Unis »

    Cette intervention se consacre à un lieu de formation, le « Workshop for Stage, Screen and Radio », fondé aux États-Unis le 21 juin 1938 par le metteur en scène d’origine autrichienne Max Reinhardt. École créée dans un contexte d’exil et de migrations, l’établissement n’a pas fait l’objet de recherches approfondies. Pourtant, cette formation regroupe un corps enseignant en très grande partie composé d’artistes émigrés venus d’Europe, et rassemblant vingt-huit personnalités de renom tels que Paul Muni, Nicolai Remisoff, William Dieterle, Karl Freund, Erich Wolfgang Korngold, qui se prêtent pour quelques années à l’exercice de l’enseignement. Max Reinhardt considère alors son école comme un espace privilégié d’accueil d’un répertoire « mondial » de l’art dramatique et de ressourcement des talents européens relocalisés aux États-Unis. Une étude déconstructiviste des discours est nécessaire pour comprendre comment se performe, selon quels publics et selon quelle idéologie, cette double conception associant apport des Européens et accueil de l’Amérique.
    L’architecture sociale du « Workshop » en fait ainsi un observatoire sensible pour l’étude de la circulation transnationale des pratiques artistiques, des personnes et des œuvres à Hollywood. Il en résulte une interrogation sur la place de ce lieu comme réseau de l’émigration artistique et de son rôle dans les phénomènes d’hybridation, d’acclimatation, ou de resémentisation des référents européens en contexte américain.
    Or, par-delà sa mission pédagogique, l’école remplit également une fonction politique plus souterraine. Dans un contexte où Hollywood impose un principe de neutralité vis-à-vis de la situation politique en Europe jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis, l’école représente un espace discret d’expression des positions antifascistes à travers les projets menés au sein du Workshop.

    INHA

  • L’autobiogéographie et la géographie littéraire
  • SÉANCE du 20 mai reportée au 3 juin : Pierre Loubier (PR en délégation) et Fleur Hopkins (Post-doc InSHS)
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